Autorité et discipline

mardi 3 août 2004
par  Jean-Claude ROLLAND
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Autorité du maître et discipline de l’élève

Définitions

L’autorité :

A la lecture du dictionnaire, on peut définir l’autorité comme le droit et le pouvoir de commander, de se faire obéir par les élèves. Elle est détenue par le maître sans décret, sans loi, sans texte. Un droit naturel de l’adulte dans une classe ?
Une autre définition est l’ascendant par lequel le maître se fait obéir par ses élèves. Ce serait donc là, une qualité intrinsèque, que le maître devrait, cette fois ci, avoir naturellement. On parle alors de charisme, ou de personnalité. Ce maître-ci a de l’autorité, d’autres n’en auraient pas, ou moins ? Cette qualité s’apprend t-elle comme on acquiert une compétence ?
L’autorité c’est encore une opinion à laquelle on se réfère souvent. Ce que sait le maître dans une classe fait autorité pour les élèves. Son savoir, ses connaissances sont indiscutables. N’a-t-il pas la possibilité d’avouer qu’il ne sait pas ou qu’il n’a pas assez de connaissances dans telle ou telle domaine disciplinaire ?
Enfin, faire preuve d’autorité c’est décider et agir sans consulter personne, sans ménagement. C’est l’image du maître omnipotent et omniscient dans la classe : Le Maître qui a le droit d’user, voire d’abuser de son autorité.

La discipline :

La discipline, toujours selon le Larousse, dont le but est de faire régner l’ordre dans une classe est l’ensemble des lois, des règlements qui régissent la collectivité. Ces règles, ces lois sont imposées à tous, doivent être reconnues par tous. Les sanctions, mesures répressives, et punitions, les peines infligées pour tout manquement à cette discipline seront donc le lot de tout élève indiscipliné.
Avoir de la discipline, c’est la soumission, l’obéissance à ces règles. Soumission totale, sans négociation, sans compromis est ce qui est attendu des élèves et à défaut les sanctions et punitions ne manqueront pas de leur apporter rappels à la discipline et à l’ordre.
Un élève discipliné sera donc un élève obéissant et soumis à l’autorité.

Le maître :

C’est l’adulte dont on est le disciple, qui est pris comme modèle par ses élèves, l’autorité à laquelle on se réfère pour apprendre, c’est celui qui enseigne, qui fait acquérir les connaissances et qui impose la discipline. Etre maître de sa classe, c’est en avoir le rôle principal et essentiel ; c’est aussi en disposer librement, être libre d’imposer ses règles et modes de travail.

L’élève :

Un enfant qui fréquente un établissement scolaire et qui reçoit les leçons d’un maître est un élève. Par ailleurs, un élève en botanique est une plante dont on dirige la croissance ou encore en agriculture, un animal né et nourri chez un éleveur.

On le voit, les termes utilisés ne sont par neutres, ils induisent lorsqu’on les utilise une vision plutôt réductrice des interactions maître-élève dans nos classes. Les aspects répressifs et coercitifs marquent l’utilisation de ces termes. L’élève indiscipliné, c’est celui qui refuse l’obéissance et qui est rebelle aux lois et aux règles que lui impose l’autorité. Il est donc sanctionné et puni.

Questionnements

Malgré ou à cause de ces représentations induites par les termes utilisés, on nous rabat les oreilles à propos d’une crise de l’autorité à l’école. Les parents d’élèves réclament des maîtres fermes afin de maintenir un ordre local certain dans la classe, mais quelques-uns n’hésitent pas à remettre en cause telle ou telle décision. En effet, on a vu des élèves de collèges défendus par des avocats rémunérés par les parents en conseil de discipline. Ne serait-ce pas plutôt une crise de l’autoritarisme en tant que système de régulation de la vie en collectivité ?

Certes, mais, nous répondra-t-on, certaines classes sont particulièrement difficiles, les maîtres ont du mal à imposer leur autorité à ces élèves.
Qu’est-ce qui fait la discipline d’une classe ?
Qu’est-ce qui fait l’autorité d’un maître ?

L’institution scolaire attend de nous cette discipline :

« L’une des obligations essentielles de l’instituteur est de faire respecter l’ordre et la discipline en classe. »
Arrêté du 23 novembre 1971

Mais nous en donne-t-elle les moyens ? Les mesures ici nécessaires se limitent-t-elles à l’absence de troubles en classe et dans l’établissement ?

« Aucune sanction ne peut être infligée. Seul est autorisée l’isolement sous surveillance d’un enfant momentanément difficile pendant un temps très court »

« Tout châtiment corporel pour quelque cause que ce soit est strictement interdit. Aucune sanction ne peut être infligée à un élève pour une insuffisance de résultats »
Arrêté du 26 janvier 1978

L’indiscipline dans une classe n’est-elle pas une notion particulièrement relative ? En effet, on peut considérer que la mauvaise tenue d’un cahier ou d’un classeur est une manifestation de l’esprit rebelle d’un élève, ou encore que le moindre chuchotement incongru et déplacé lors d’une séance est un manquement grave et une remise en cause de l’autorité qui réclame à ce moment un silence quasi religieux.

Quelles sont donc les manifestations de l’indiscipline, les manquements à la discipline dans nos classes ? Quelles réponses peut-on apporter ?

L’indiscipline en classe

Pour décrire ces manifestations de l’indiscipline, expériences et observations sont nécessaires.

Le bruit, les bavardages.

Le niveau sonore accepté par chaque adulte varie. On peut considérer une classe bruyante comme organisant un chahut alors que d’autres la verraient comme une classe vivante et active. « Une ruche qui ne bourdonne plus est une ruche morte » se plaisait à dire un inspecteur que quelques lecteurs reconnaîtront. Le stress induit par le bruit est particulièrement communicable, des élèves au maître, du maître aux élèves.

Qu’attendons-nous du silence dans une classe ? Quelle vertu pédagogique a-t-il ? A quel moment ? Pourquoi faire ?
- D’abord les locaux eux-mêmes sont-ils suffisamment pensés pour éviter que chaque son ne se transforme en bruit difficilement supportable (fenêtres, portes, murs, isolations acoustiques, ...) ?
- Ensuite le moment de la séance dans laquelle le silence est nécessaire est important. En effet, certaines séances ne seront pas menées à des moments particuliers (récréations, séances d’éducation physique d’autres classes, salon du Bourget ...)
- Notre préoccupation première est que les élèves nous écoutent. Une grande partie de notre travail est de donner des consignes, des informations utiles, apporter des compléments, et pour cela le silence est nécessaire. Les rituels sont une des nombreuses solutions à cette préoccupation. On peut citer des regroupements près du tableau, éloignés des bureaux de travail habituels, dans un espace conçu pour la prise de parole, ou encore la main levée du maître qui signifie une demande forte et nécessaire de prise de parole et d’écoute, ... ces rituels sont à imaginer, à concevoir et à mettre en œuvre avec les élèves.
- On réclame également le silence lors de travaux plus personnels. En effet, on attend d’eux afin qu’ils puissent profiter de notre enseignement, qu’ils s’entraînent et travaillent sérieusement, qu’ils soient attentifs et disponibles. On en déduit que le bruit est une nuisance à leur attention et à leur travail. Ce qui est peut-être faux, certains d’entre nous travaillent avec de la musique voir même la télévision en fond sonore, sans que cela nuise à notre attention et à notre concentration. A l’enseignant de déterminer s’il y a réellement nécessité d’obtenir un silence complet (évaluations par exemple).
- Et ces bavardages ? Que sont-ils ? Il paraît important de les connaître, de savoir ce qui se dit. S’agit-il de discussions et de débats dans la logique de la vie de la classe, les recherches en cours, les questionnements et les confrontations nécessaires aux apprentissages ? S’agit-il de discussions dues à des événements extérieurs à la classe ? Des conflits entre élèves dans la cour ou à l’extérieur de l’établissement qui alimentent les discussions ? Un problème d’organisation des groupes de travail, une difficulté due à la consigne, un manque de clarté des consignes, un défaut de matériel, ... ?

Une fois les raisons et les causes des bavardages identifiées par le maître, il est plus aisé d’y apporter une réponse adaptée. A chacune des causes, une réponse soit immédiate, soit différée peut être apportée. Les conseils permettent cette mise à distance : « Je sais ce qui vous préoccupe, on en reparlera, je propose de le mettre à l’ordre du jour du prochain conseil ». S’il s’agit de reformuler les consignes, cela peut être fait soit collectivement en reprenant la parole, en se servant des rituels évoqués plus haut ou bien de manière plus individualisée en demandant cette reformulation dans les groupes « bavards », ou encore s’approcher des élèves et aider à organiser le travail afin de définir la tâche demandée et les modalités d’action.

On note que souvent, si on parle plus fort, les bavardages continuent malgré notre présence sonore et notre insistance. Si on baisse la voix, ils cessent ou se réduisent.

Les déplacements, l’agitation.

On se contentera de parler ici de déplacements dans la classe. Là encore, comme pour le bruit, le niveau d’agitation acceptable est variable selon le seuil de tolérance de l’enseignant.

Quels déplacements sont possibles dans ce lieu clos ? Là, faisons confiance aux élèves, ils en trouvent toujours : un papier à jeter à la corbeille, un crayon à tailler, un instrument manquant, un dictionnaire ou un document indispensables à aller consulter, une mauvaise vison du tableau, une fenêtre à fermer, à ouvrir, une consigne, un conseil, une aide à demander au maître, une affiche à lire, un renseignement à demander au copain, un stylo prêté hier au copain qui est justement à l’autre bout de la classe, voire même dans une autre classe.

Quelles raisons de s’agiter un peu ? Une feuille introuvable dans le cartable, dans la case, un stylo, une règle tombée au sol, un cahier à fermer et à ranger avant se sortir un autre cahier ou ce fameux cahier de textes, une soif soudaine, un malaise quelconque, la recherche d’une position plus confortable, ...

Pourquoi notre recherche d’une classe constituée d’élèves inertes ? Là encore, une image, une représentation de l’élève, l’écolier modèle. Qui n’a pas tapoté sur sa table, ne s’est pas gratté, pincé le nez, agité les jambes, mordu les ongles, levé, assis de nouveau puis encore levé lorsqu’il écrit ou réfléchit. Observez-vous vous-même lorsque vous préparez la classe, ou lorsque vous travaillez ...

L’organisation matérielle de la classe et les rituels -encore eux- prennent une valeur inestimable si l’on désire éviter ces moments de flou artistique pendant lesquels nos élèves s’agitent si souvent.

Comme pour les bavardages, une observation de la classe, locaux et aménagements définira les modalités d’organisation qui vont réduire ces déplacements et l’agitation. Un certain ordre et une rigueur adaptés permettront aux élèves de savoir où trouver rapidement un dictionnaire, un manuel, une feuille, un cahier, un classeur. Lors des changements d’activités, une discussion peut s’engager avec eux sur ce qui vient d’être fait et sur ce que l’on va faire. Se placer derrière sa chaise, silencieuse, presque religieusement est une coutume que je trouvais ridicule et d’un autre âge il y a encore quelques temps, mais qui me paraît aujourd’hui être un bon moyen pour l’enfant d’endosser son costume d’élève avant de s’asseoir et donc être prêt à entamer le travail scolaire. Encore un rituel !

Les relations conflictuelles élève-enseignant

N’ayant aucune formation en psychologie, seules seront décrites et analysées des situations issues de l’expérience professionnelle. Cependant, on peut avancer qu’un conflit est la marque d’une opposition ponctuelle ou systématique de points de vue, d’opinions, de sentiments ou d’intérêts. Dans la plupart des cas, un des deux protagonistes n’accepte pas ce que l’autre fait ou dit.

En identifiant et classant quelques comportements et attitudes générateurs de conflit essayons de savoir qui de l’enseignant, de la personne, de l’enseignement ou de l’autorité est visé puisque très souvent c’est nous en tant que personne qui subissons et réagissons. De même qui de l’enfant, de l’élève, du travail est en cause lorsqu’un de nos actes « déplait » à un élève. C’est lorsque l’intégrité de l’un ou l’autre des protagonistes est ressentie comme atteinte que le conflit prend des proportions inacceptables.

L’analyse transactionnelle et les positions de vie apportent une grille de lecture de situations génératrices de conflit :


Une position de vie se définit par l’évaluation de nos relations, et s’exprime selon la structure suivante :
« Comment je me considère / Comment je considère l’autre (ou les autres) ».
Chacune de ces deux évaluations peut être :
- essentiellement positive, elle est alors notée « OK+ »
- ou essentiellement négative elle est alors notée « OK- »
Les positions de vie suivantes peuvent donc être envisagées
- OK-/OK- : je suis mauvais et les autres sont mauvais
- OK-/OK+ : je suis mauvais et les autres sont "bien"
- OK+/OK- : je suis "bien" et les autres sont mauvais
- OK+/OK+ : Je suis "bien" et les autres sont "bien".



Nous ne développerons ici que quelques analyses de positions de vie face aux messages perçus par un comportement :
Comportement de l’élève.

Dans un domaine « classique », en classe


Dans un domaine plus « moral »
- se mettre en colère quelque soit la raison : « Je t’en veux, je te déteste »
- tricher ou tenter de tricher : « Je ne veux pas apprendre »
- agresser verbalement : « je réfute ton autorité »
- dire des grossièretés aux autres élèves : « Je n’aime pas les autres »
- mentir au professeur, inventer des histoires : « Je te dis ce que tu as envie d’entendre »
Dans un domaine plus « personnel »
- jugement personnel de l’enseignant : « Je ne te respecte pas en tant que personne »
- avoir une tenue vestimentaire inadaptée : « Je cherche à provoquer l’institution »
- avoir une posture désinvolte : « Je cherche à provoquer l’enseignant »
Comportement de l’enseignant

En classe, pendant une séance
- Réprimander à raison
- Réprimander injustement
- Donner une sanction ou une punition disproportionnée
- Réagir aux propos de l’élève et porter un jugement
- Donner des ordres autoritairement ou répétés
- Confisquer un objet
- Contraindre physiquement
Domaine « moral »
- se mettre en colère quelque soit la raison
- agresser verbalement
- tenir un langage inadapté
- menacer
- promettre sans tenir
Domaine « Personnel »
- jugement personnel sur l’élève
- montrer une réticence ou un rejet d’un élève
- avoir une attitude désinvolte


La première position de vie, OK-/OK-, s’avère d’emblée difficile à vivre : la personne n’a pas d’estime pour elle-même et n’apprécie pas plus autrui, les autres pouvant être considérés comme sans intérêt, sans qualités, éventuellement malveillants voire dangereux. Il n’y a pas d’acceptation de soi ni de l’autre ; la négativité imprègne totalement les relations.
Les deux positions suivantes (OK+/OK- et OK-/OK+) sont plus « ordinaires » dans le principe, posant problème à mesure du déséquilibre entre l’image de soi et celle d’autrui. Situations courantes en effet, si l’on s’aperçoit que l’un des jeux les plus courants que pratique l’être humain dans ses relations repose sur l’un des deux principes suivants :
« Ce que je suis, ce que je sais, ce que je possède (...) vaut bien mieux que ce que tu es, ce que tu sais, ce que tu possèdes » (Position de vie OK+/OK-). ou : « Ce que je suis, ce que je sais, ce que je possède (...) vaut bien moins que ce que tu es, ce que tu sais, ce que tu possèdes » (Position de vie OK-/OK+).
Les inconvénients de ces deux positions de vie apparaissent aisément. Dans chacun de ces deux cas, les relations entre humains s’avèrent difficiles, étant chargées d’arrogance et d’orgueil, d’envie ou de honte, selon que l’on se sent supérieur ou inférieur à l’autre. Lorsque la position se veut dominante, l’ego que manifeste une personne irrite automatiquement celui d’autrui, générant du ressentiment, de la colère, des conflits. A contrario, lorsque l’on se sent inférieur à autrui, l’envie, la jalousie ou la honte qui peuvent en résulter engendrent la tristesse, la dépression, parfois l’agressivité.
La position la plus favorable OK+/OK+ : Ce qui revient à : « Je m’accepte et je m’apprécie tel que je suis / Je t’accepte et je t’apprécie tel que tu es ». Le réalisme et l’équilibre sont ici comme ailleurs nécessaires. Il ne s’agit bien sûr pas de développer une arrogance superflue, ni de considérer naïvement que toute personne est parfaite. Mais plutôt de pratiquer une vision positive, en considérant en priorité les qualités de chacun.


Des réponses ?

Quelles sont nos pratiques pour prévenir l’indiscipline de nos élèves ? Quelques observations basées sur l’expérience (encore !).
- dissuader souvent en répétant les interdictions et la loi
- menacer de punitions ou encore ce qu’on peut appeler le « chantage social » : la punition collective ou la suppression d’une activité voire d’une matière d’enseignement, l’intervention de personnes extérieures (directeurs, collègues, parents, ...)
- expliciter les rappels à l’ordre, rappeler la loi et ses raisons d’être
- développer l’autonomie et la responsabilisation, certains pouvoirs sont délégués. Liberté d’agir et responsabilité des actes sont indissociables.
- mettre en place des rituels : lieux de paroles, gestuelle, habitudes immuables, ...
- motiver en s’appuyant sur les composantes de la motivation : La reconnaissance, ou la connaissance de l’enfant quelques soient ses difficultés, son confort, l’image donnée d’une intelligence qui peut évoluer, le fait de rendre ou d’essayer de rendre l’élève conscient de ses stratégies et des attitudes qu’il a développées afin d’être plus efficace participent d’une meilleure perception de lui-même.
- Tenir compte des positions de vie, des états du moi, des reconnaissances de l’un et de l’autre dans un échange ou une transaction
- Mettre en œuvre des contrats dans lesquels chaque partenaire -enseignant, élève, parents éventuellement - s’engage.
- organiser pédagogiquement nos séances en pensant aux rythmes des élèves et au temps d’activité de chacun
- organiser matériellement la classe afin de prévenir les bruits et les mouvements inopportuns.

L’acte commis, quelles sont les possibilités de réponses de l’enseignant ?

Certaines fois un simple regard peut suffire, d’autres un rappel à la loi soit de manière individualisée soit par une exclamation forte et donc plus « sociale », presque adressée à toute la classe sera utilisée.

Les punitions, les sanctions, les réparations.

La punition est une peine que l’on inflige suite à un acte transgressif. Le but est d’infliger une douleur morale puisque infliger une douleur physique est interdit. Elle est souvent exagérée par la subjectivité de celui qui l’inflige. Pour un même acte, dans une même école la punition sera différente si elle est donnée par deux adultes différents, si elle est donnée sous le coup de la colère ou de l’émotion. Elle ne sert pas à réparer la transgression ou les actes mais à culpabiliser ou même à humilier. Elle démontre le pouvoir de l’adulte sur l’enfant et réclame sa soumission totale.

Circulaire de juillet 2000 : Les punitions infligées doivent respecter la personne de l’élève et sa dignité : sont proscrites en conséquence toutes les formes de violence physique ou verbale, toute attitude humiliante, vexatoire ou dégradante à l’égard des élèves.
Il convient également de distinguer soigneusement les punitions relatives au comportement des élèves de l’évaluation de leur travail personnel. Ainsi n’est-il pas permis de baisser la note d’un devoir en raison du comportement d’un élève ou d’une absence injustifiée. Les lignes et les zéros doivent également être proscrits
.

La sanction est une mesure de répression suite à une transgression qui, si elle est volontaire est donc « sanctionnable ».. Il s’agit d’éviter qu’un acte commis se reproduise. Elle sera basée sur des interdictions ou des privations. La liberté d’agir de chacun est soumise à ses propres responsabilités. Et c’est sur l’exercice de ces responsabilités que l’on agit.
La loi est connue et les sanctions également. Un garant des lois est identifié, il est chargé de rappeler la loi et les conséquences d’actes transgressifs, ce peut être le maître, le directeur, un conseil coopératif ou un conseil d’élèves. L’élève se confronte à la réalité de la Loi, la loi du groupe (attention à la force du groupe face à un individu !). Des exclusions peuvent être décidées. Il peut s’agir de la privation momentanée d’un droit : une responsabilité dans la classe, la possibilité de se déplacer, d’emprunter du matériel, ...

La réparation est une mesure où l’élève transgresseur qui a commis un acte répréhensible est de nouveau actif alors qu’il est passif en cas de punition ou de sanction. Son accord est donc indispensable. La réparation doit garder un caractère éducatif et n’être en aucun cas humiliante. La notion de réparation est indissociable de la notion de responsabilité personnelle. En direction de la victime (des excuses, de l’aide, par exemple) ou tout simplement pour signifier que l’on entend rester membre d’un groupe, la réparation a un lien direct avec la transgression.

En guise de conclusion

Pas de solution miracle, une recette ? Juste quelques réflexions.
Instaurer dans sa classe un climat serein et de confiance possède quelque chose de l’ordre de l’alchimie. Mais l’observation des élèves, leur reconnaissance, le respect de leur parole, l’instauration de rituels, la mise en place d’instances participatives, une discipline raisonnée, des lois claires et des sanctions connues de tous en sont quelques ingrédients.

« La compétence sans autorité est aussi impuissante que l’autorité sans compétence. »
Le Bon, Gustave 1841-1931

« La démocratie, plus qu’aucun autre régime, exige l’exercice de l’autorité. »
Saint-John Perse 1887-1975

« Rien ne rehausse l’autorité mieux que le silence, splendeur des forts et refuge des faibles »
de Gaulle, Charles 1890-1970

« L’autorité, c’est moins la qualité d’un homme qu’une relation entre deux êtres. »
Barrès, Maurice 1862-1923