Rapport Thélot :
Synthèse (1er programme)

mardi 19 octobre 2004
par  Jean-Claude ROLLAND
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Les textes en italique sont extraits soit de la synthèse du Rapport Thélot soit des programmes 2002.

Durant la scolarité obligatoire, s’assurer que chaque élève maîtrise le socle commun des indispensables et trouve sa voie de réussite

Au cours de la scolarité obligatoire, l’École a pour mission principale de dispenser à tous les élèves des enseignements communs qui correspondent à la culture que la Nation souhaite transmettre à chaque génération et de permettre à chacun de trouver sa voie de réussite. [1]

Les programmes de 2002 précisaient déjà les comportements, savoir-faire et connaissances attendus à la fin de l’école élémentaire... Ainsi se définit ce que l’on est en droit d’attendre de l’école primaire, premier niveau d’une culture commune.
De même, chacun s’accorde sur l’existence d’un patrimoine architectural, musical ou pictural qui fait aujourd’hui partie d’une culture commune.
Le programme de Littérature permet ainsi que se constitue une culture commune susceptible d’être partagée, y compris entre générations
Une liste d’œuvres de référence, publiée par le ministère et les académies, est proposée. Elle constitue le fondement d’une culture commune. [2]
Les enseignements communs et la culture commune seront-ils ce socle commun ? S’il s’agit d’un véritable socle en tant que point d’appui pour la réussite de tous on ne peut que souscrire. Par contre, s’il s’agit d’une base considérée comme à peine suffisante pour trouver « sa voie de réussite », cela manque étonnamment d’ambition pour nos élèves. Quel manque de perspectives !

Pour consolider cette ambition, il est d’abord nécessaire de garantir la maîtrise des connaissances, des compétences et des règles de comportement indispensables pour toute la vie. [3]
Fini le temps regretté par M. Le Bris, Sauvez les lettres, M6 et notre ministre où l’on apprenait la liste des départements, les noms des os du corps humains ou encore les affluents de tel ou tel fleuve de notre bien aimé pays. Dans une perspective de formation « tout au long de la vie », les compétences et les comportements prennent une valeur éducative sans limite.
Dans un monde qui évolue très rapidement, chacun sait que les connaissances acquises que ce soit dans le domaine scientifique ou par ailleurs sont rapidement obsolètes. Ce que l’on a appris à l’école, à part quelques savoirs établis et stabilisés, est en constant questionnement.
Aujourd’hui, des compétences, des savoir-faire, des comportements de recherche, de questionnements, d’interrogations, d’analyse et de synthèse, d’argumentations construites sont bien plus recherchés dans le monde du travail que des connaissances brutes. Ce qui importe ce n’est pas la connaissance encyclopédique mais bien la capacité à évoluer, se transformer, se former encore et encore et celle d’assimiler ainsi des connaissances en constant renouvellement. Les savoirs ne sont pas figés, ils s’organisent en réseaux dynamiques.
Qu’entendent les rapporteurs de la commission par ce terme de « comportement » ? S’agit-il de conduite, de bonne conduite, de bonnes actions ? Ou encore d’attitudes de stratégies pour sa propre formation ?

La diversification des enseignements doit ensuite conduire chacun à déterminer la forme de réussite qui corresponde à ses aptitudes. C’est grâce à cette maîtrise et à cette diversification qu’ensuite, par l’apprentissage, au lycée, dans l’enseignement supérieur, et tout au long de la vie l’élévation souhaitable de la formation et de la qualification de chacun sera possible et réussie. La qualité de la scolarité obligatoire est ici capitale. [4]
Diversification, personnalisation, différenciation ? S’il s’agit à l’école primaire de permettre à chaque élève un parcours scolaire, si ces aptitudes sont les compétences que chacun va se construire là aussi, on ne peut que souscrire. Mais s’il s’agit de définir à l’école, et de manière définitive ce à quoi tel ou tel élève est apte et ensuite lui faire choisir son parcours, sa filière, on sait ce que cela a apporté comme injustices et iniquités.
Le mot que j’aimerai retenir ici est « possible ». En effet j’aime à croire en l’éducabilité de tous et en un slogan du GFEN que je fais mien : « TOUS CAPABLES ! ». Et c’est à l’école primaire que l’on amènera les élèves à faire leur cette maxime ; à nous, enseignants de permettre ces parcours diversifiés.

Il faut identifier ce socle des indispensables au sein des enseignements communs. Selon la Commission, c’est au Parlement d’en tracer les grandes lignes et à une Haute autorité indépendante d’en déterminer précisément le contenu, ainsi que celui des programmes. À titre d’illustration, cependant, et pour éclairer des orientations possibles, le socle commun des indispensables pourrait comprendre les fonctions primordiales suivantes : lire, écrire, maîtriser la langue et les discours, compter, connaître les principales opérations mathématiques, s’exprimer (y compris en anglais de communication internationale), se servir de l’ordinateur, vivre ensemble dans notre République. [5]
Du socle commun on passe au socle des indispensables !!!
Les fondamentaux : Savoir Lire, Ecrire, Compter, Calculer ( le SLECC de Sauver les lettres et oui encore eux !) auxquelles s’ajoutent la langue anglaise, les Tice et la bonne conduite est un SMIC scolaire ! Encore quel manque d’ambition pour nos élèves. Et les Sciences, l’histoire, la géographie ? Où sont passées les humanités ? Utiliser correctement le subjonctif leur paraît-il plus important que simplement se questionner et s’interroger sur le monde qui nous entoure ?

Les apprentissages seraient personnalisés afin que tous les élèves parviennent à maîtriser le socle commun des indispensables. Les pratiques pédagogiques et les temps d’apprentissage seraient adaptés aux besoins des élèves.  [6]
Tiens ? On partirait des besoins des élèves ? Est-ce eux qui seraient au centre des apprentissages ?
Quant à cette personnalisation, on l’appelle nous les pédagos dans nos classes la pédagogie différenciée et pour cela on n’a pas attendu ce rapport !

Cette personnalisation se concrétiserait notamment dans des parcours d’élèves qui, après le cycle constitué des années de petite et moyenne sections de maternelle, se dérouleraient au cours des trois cycles de la scolarité obligatoire :
- cycle d’apprentissage de base (par exemple grande section de maternelle, cours préparatoire et cours élémentaire 1) ;

Bravo, la commission réinvente le cycle 2 de la loi d’orientation de 1989

- cycle d’approfondissement (par exemple cours élémentaire 2, cours moyen 1 et 2 ainsi que la classe de 6e) ;

La 6e était un cycle a elle toute seule ! Ridicule non ? Cycle d’adaptation, cela s’appelait. Adaptation à quoi ? Aux ruptures ... Voir l’article accompagner nos élèves vers la sixième

- cycle de diversification (par exemple 5e, 4e et 3e de collège).Cette nouvelle organisation s’accompagnerait de nouvelles exigences. La maîtrise des indispensables devrait être une condition du passage d’un cycle à l’autre ; celle des autres enseignements fondamentaux communs serait sanctionnée à la fin du collège.

Conditionner le passage d’un cycle à l’autre aux compétences acquises et attendues en fin de cycle : quelle révolution ! Le maintien dans un cycle existe, je crois. Certes, il est difficile de maintenir un élève plus d’une année mais en tenant compte des redoublements en nombre en 6e on arrive à l’école à environ 20% !!!! Peut-on faire mieux ? Si la loi le permet, je fais confiance à quelques écoles et collèges.

Un droit à une formation complémentaire serait spécifiquement ouvert au très petit nombre d’élèves qui ne maîtriseraient pas le socle à l’issue de la scolarité obligatoire, dans le cadre du droit à la formation tout au long de la vie.
Un droit à la formation tout au long de la vie ! C’est un combat que mènent depuis bien longtemps les acteurs sociaux. Alors oui, faisons vivre les associations, les universités dans lesquelles tous pourront s’inscrire et permettons à tous de disposer librement de ce droit à la formation continue tout au long de la vie professionnelle. Le Medef est-il prêt ?
La scolarité obligatoire serait avancée à cinq ans, intégrant la grande section de maternelle et atténuant ainsi la rupture avec l’école élémentaire.
Là encore on réinvente l’eau tiède et les cycles. Mais par contre pas un mot sur notre école maternelle. Que deviendra-t-elle ? Restons vigilants.


[1Synthèse du rapport Thélot

[2Programmes 2002

[3Synthèse du rapport Thélot

[4Synthèse du rapport Thélot

[5Synthèse du rapport Thélot

[6Synthèse du rapport Thélot