Des groupes dans la classe
(2ème partie)

mardi 2 novembre 2004
par  Jean-Claude ROLLAND
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Constituer des groupes dans la classe



Comment se constituent les groupes ? Qui placer avec qui ? Pourquoi ? Pourquoi faire ?

- les groupes d’affinité (les copains d’abord) : ce sont des groupes qui se constituent sans réelle intervention du maître. Les élèves se regroupent en partageant des intérêts communs dans le domaine social. On peut retrouver ces groupements dans la cour de récréation autour de jeux qui en sont le ciment social. Les membres du groupe tentent de se conformer à ce qui fait le groupe. Le groupe trouvera rapidement sa cohérence, il fonctionnera plutôt bien.
Les affinités sont variables au cours du temps ou de l’activité de classe. Un élève se réclamera de groupes différents selon ses appartenances et ses besoins du moment : garçons/filles, religion, ethnie, musique, vêtements, sports ...
Il y a cependant de forts risques d’exclusion de l’un ou l’autre de ses membres au cours de la vie du groupe. Le groupe adoptera une ligne de conduite unie en cas de difficulté ou « d’agression extérieure », le « leader » prendra alors toute sa place.
- les groupes d’intérêt (le projet d’élèves) : Ce type de groupe, dont les membres se choisissent en fonction d’intérêts scolaires communs, permet au maître de faire effectuer des recherches qui ne concernent pas au premier abord toute la classe. Ce pourra être des exposés thématiques, des articles pour le journal, des recherches sur un projet d’élèves. Ces groupes vivront tant que la tâche qui les réunit gardera un intérêt pour l’ensemble des membres du groupe. A charge, bien évidemment au groupe de faire un compte-rendu de ses travaux à l’ensemble de la classe.
- les groupes de hasard (tiens, t’es là, toi ?) : les membres ne se choisissent pas, le maître ne choisit pas. Ce type de regroupement permet aux élèves de découvrir dans telle ou telle activité de la classe des camarades avec lesquels ils n’ont pas l’habitude de travailler. La découverte des compétences des autres pourra faire évoluer la représentation qu’ils s’en faisaient. Les activités mises en œuvre dans la classe seront dans ce cas de courte durée : brainstorming, calculs rapides, révisions, entraînements, ... . Pas d’exclusion, chacun trouvera sa place.
- les groupes hétérogènes (aide-moi, cela t’aidera) : deux types d’hétérogénéité, d’abord celle des compétences des élèves. Ces groupes constitués par le maître favorisent l’entraide, l’aide, les tutorats et facilitent l’intégration et la tolérance. Dans le cas où les tâches demandées au groupe sont complexes, l’hétérogénéité est facteur d’approches différentes du problème à condition que chaque membre soit entendu, écouté et reconnu. Une dérive possible est la constitution de sous-groupe d’élèves « compétents » excluant les autres ou travaillant sans souci d’aide et de coopération. Nous y reviendrons avec les rôles des membres des groupes.
Autre hétérogénéité, celle des statuts sociaux, nous y reviendrons avec l’analyse sociométrique de la classe grâce au sociogramme... Ces groupements permettent de changer les représentations que certains peuvent se faire d’un ou de plusieurs élèves. Le maître a là un rôle important de valorisation et d’accompagnement.
- les groupes homogènes (tous dans la même galère) : Ce sont des regroupements d’élèves ayant des besoins communs, on les nomme également groupes de besoins. Ils peuvent être mis en place pour approfondir une notion, un domaine, mais également pour l’entraînement ou du travail plus individualisé.

Les outils pour constituer les groupes

Quels peuvent être pour le maître les critères de constitution des groupes d’élèves ?

- les évaluations : que ce soient les évaluations nationales telles celles du CE2, ou encore les outils GS et CP, ou les évaluations créées par le maître, elles permettent de constituer des groupes en ayant comme critère les point d’appuis ou les difficultés des élèves. Ce seront des groupes de besoin, d’entraînement mutuel, ...
- la parole des élèves, sa prise en compte : la prise en compte des centres d’intérêt des élèves dans des moments de parole libre tels les conseils ou les « quoi-de-neuf ? » permettront de dégager à partir des préoccupations des élèves des thèmes de recherche et de découverte. Cette parole permet également de moduler la composition des groupes. Ce seront des groupes de projet ou d’intérêt.
- l’observation de la classe : elle permet de dégager par l’analyse qui en est faite des groupes qui « fonctionnent » sur telle ou telle thématique de travail.(on y reviendra)
- le sociogramme : ce test sociométrique permet de repérer les relations entre élèves, que ce soient les interactions, l’émergence de « normes » et de « leaders »

Quelques mots sur le sociogramme.

- objectif : connaître le réseau de liens tissés entre les élèves, les statuts sociaux des élèves, les relations affectives.

- déroulement : on propose aux élèves 2 questions auxquelles ils répondront par écrit en leur annonçant que les réponses ne seront pas communiquées et que tout cela sert à constituer des groupes dans la classe. 2 réponses sont demandées pour chaque question

  • pour le travail scolaire :. « Pour cette activité avec qui aimerais-tu travailler ? » « Avec qui n’aimerais tu pas travailler ? »
  • pour les relations affectives : « Avec qui aimerais-tu jouer ? » « Avec qui n’aimerais-tu pas jouer ? »

- Résultats : en reportant le nom des élèves et en traçant les flèches on obtient une constellation représentant graphiquement les relations, c’est ce qu’on appelle le sociogramme. Il est possible également de faire une représentation sur un cercle ou dans des tableaux à double entrée.
Voir sur francois.muller.free.fr

- Interprétation : on retrouve à partir les flèches convergentes les élèves populaires ou au contraire les élèves impopulaires. On observe également les paires qui se choisissent entre eux, les isolats, ceux dont on ne parle pas, qu’on ne voit pas, que l’on risque d’oublier, les sentiments contraires ou réciproques, ...
On pourra également observer quatre profils d’élèves :

  • Les « leaders puissants », ceux qui sont choisis pour leur statut sociométrique élevé (choisis plusieurs fois)
  • Les « leaders populaires », choisis par les individus lambda, ceux qui ne se font pas remarquer.
  • L’« éminence grise », choisi par le leader du groupe
  • Les individus qui ne sont dans aucune des catégories qui sont citées.

- Limites : C’est un outil sans réelle valeur scientifique, il donne seulement des indications pour l’enseignant qui veut mettre le travail de groupe et la coopération en œuvre dans la classe.


Juste pour rire ...