A propos de la lecture

samedi 16 septembre 2006
par  Jean-Claude ROLLAND
popularité : 3%

Un diaporama sur la lecture proposé par le snuipp. A voir, à commenter ...

Lu sur le site du snuipp : « Ce diaporama aborde les questions afin de répondre à la campagne du ministre de l’éducation nationale sur la lecture et à la modification des programmes. »

lire sur ce site :

- Pétition "Sauvons la lecture"
- Apprendre à lire
- B. A. BA ...
- Lecture : Modification des programmes 2002
- Projet d’arrêté modifiant les programmes de 2002


Commentaires  forum ferme

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> A propos de la lecture
dimanche 29 octobre 2006 à 15h37 - par  Philippe Rocher

Je passe sur le ridicule de l’enchaînement entre les diapos 30 et 31 (la lecture n’est donc pas seuelment une question de méthode....mais aussi une question de moyen) avec son "donc" à prétention démonstrative....pour aller directement à la diapo 20 qui contient une erreur manifeste.

Il s’agit du son "an" (désolé mais il est difficile d’utiliser l’API sur ce forum !) dont il est dit qu’il s’agit d’un phonème fréquent en fançais ( maman, pantalon, silence...) mais qu’il y a 31 façons de l’écrire (temps, paon, enfants, emmmener, entend, banc, camps, quand...). Or, ce dernier point est tout simplement faux. Car les graphèmes en rouge sensés coder le son "an" ne sont pas tous des phonogrammes. Le "s" de "enfants" est clairement la marque morphogrammatique du plutiel, le "t" indiquant par ailleurs l’appartenance du même mot à la série "enfant/enfanter/enfantillage...", idem pour le "p" de "camps" et "temps", le "c" de "banc" etc. Les pluriels mis à part, la plupart des lettres muettes ajoutées sont des marques éthymologiques qui indiquent par ailleurs l’appartenance d’un mot à une famille lexicale.
Le fait que les mots considérés se prononcent comme ils se pronomcent n’implique donc pas que que toutes les lettres qui suivent les phonogrammes "en", an", "em", "am", "aon" (le "ean" de Jean a d’ailleurs été oublié) doivent être intégrées à ces graphèmes avec la même valeur phonogrammatique sous prétexte qu’elles sont muettes et n’influencent pas la prononciation éventuelle des mots. Qu’elles soient intégrées à la syllabe graphique est une chose, qu’elles participent à la transcription du phonème en est une autre. Ceci est d’ailleurs confirmé par certains contextes de laison où les lettres muettes finales se dissocient du "an" ("de temps en temps", "quand il va...", "entend-il ? "...) et transcrivent le son consonnantique "t".

Le tableau du mathématicien de la diapo 19 permet tout au plus à des lecteurs non francophones de savoir quelles lettres sont muettes et comment prononcer cetains mots à l’orthographe "bizarre" , mais en toute rigueur il ne saurait prétendre transcrire les valeurs phonologiques de chaque graphie. "AMPS" n’est pas une graphie du son "an", même si au bout du compte "camps" se prononce "kan" dans "il y avait des camps de travail forcé en URSS appelés Goulags", sauf à confondre l’oralisation (comment ça se prononce) et l’identification ( savoir à quel mot on a affaire) et à considérer que la première doit nécessairement précéder la seconde (or c’est l’inverse qui est vrai).

Cette erreur est étonnante de la part de partisans du "sens" et de la complexité de la lecture. Il est curieux en effet de constater qu’ à une péridoe où l’on insiste justement sur l’importance de la morphologie et de l’éthymologie, et après les travaux remarquables de Nina Catach sur l’orthographe du français, et après avoir écrit sur une diapo précédente que la lecture ne se réduisait pas à une correspondance entre les lettres et les sons, on considère encore que toutes les graphies transcrivent des sons !