Salaires et Temps de travail des enseignants

mercredi 14 février 2007
par  Jean-Claude ROLLAND
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aurent TARILLON, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble propose un argumentaire concernant salaires, temps de travail, vacances des enseignants.

IL FAUT REVOIR LE TEMPS DE TRAVAIL DES ENSEIGNANTS !
LE DECRET DE 1950 EST VRAIMENT TROP VIEUX !

Actuellement, le temps de travail d’un enseignant de collège ou de lycée est de 18 heures par semaine. C’est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par un décret datant de 1950. Rendez-vous compte !
Ce qui détermine ce qu’un enseignant doit à la nation date de 56 ans. Il est vraiment temps de se pencher sur un problème aussi lourd de conséquences.
18 heures par semaines ! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d’aussi bons salaires ?
Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux ?

Il faut peut-être y regarder de plus près. En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu’un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires.
En effet, le temps de travail légal de l’époque s’il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité d’environ 42 h par semaine, sur 50 semaines.
Mais que s’est-il passé depuis pour les enseignants ? Rien !
Alors que pour les autres salariés, il y a eu la troisième semaine de congés payés en 1956, puis une quatrième en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteintes au début des années 70 (alors qu’elles étaient un droit depuis 1936). Mais ça n’est pas fini : il y a eu les 39 heures et la cinquième semaine de congés payés en 1982, puis les 35 heures en 2000. En somme le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25 %. Mais les enseignants doivent toujours le même service.
C’est au moins un enseignant qui écrit cela vous dîtes-vous, en lecteur éclairé ! Certes je l’avoue, je fais partie de ces privilégiés... car comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances ?
Eh bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façons :
- D’abord : 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c’est pour les petites vacances (Toussaint, Noël...). Car les vacances, c’est pour que les élèves se reposent. Donc notre temps de travail était annualisé.
- Mais, et les deux mois d’été alors ?
Là, c’est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas, d’ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée en 1950, au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés par concours au niveau bac + 3. Mais à cette grille, il nous a été retiré deux mois de salaire, puis le résultat a été divisé par 12.(Par exemple, si un inspecteur des impôts est payé 2000 € par mois il recevra 12x2000=24 000€ par an, alors que pour la même qualification, un enseignant recevra 10x2000=20000€ par an ; Cette somme, ensuite divisée par 12, donne 1667 € par mois).
Eh oui, chers lecteurs, les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances...
Oui bon d’accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaire, quand même, nous ne sommes pas à plaindre !
Eh bien soit, comparons :
Nous sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public (qu’on nous prouve le contraire). Mais, à mes yeux, l’exemple le plus frappant de la dégradation de la valeur que la nation accorde à ceux qui éduquent ses enfants est le suivant. Le salaire de départ d’un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC.Aujourd’hui, il n’est plus que 1,2 fois plus élevé.
Autrement dit, si, comme le PS l’a écrit dans son projet, le SMIC augmente de 25 % au cours des cinq ans à venir (et l’UMP l’a augmenté au même rythme annuel dès cette année), un enseignant débutant gagnera moins que le SMIC.
Faudra-t-il en arriver là pour que la société se rende compte de la dégradation de notre situation ?
Alors oui le décret de 1950 est vieux ! Il est vraiment temps de le toiletter comme le disent nos gouvernants ! Mais pas forcément dans le sens qu’on imagine...
Est-ce en faisant en sorte que devions travailler plus pour gagner autant et perdre régulièrement du pouvoir d’achat, comme veut le faire M. de Robien ? »

Laurent TARILLON, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble.
PS : Ce texte est libre de droits. Vous pouvez le faire circuler autant que vous le voulez.

Pour compléter ces réflexions, on lira sur ce site la brève "Temps de travail" reprenant un extrait du Guide du jeune professeur.
On notera que ce texte concerne d’abord les enseignants du second degré et en particulier les professeurs certifiés devant 18h devant élèves. Qu’en est-il des instituteurs et des professeurs des écoles qui, eux, ont un temps de travail de 27 heures dont une heure de concertation ?

Si on applique le même calcul, et il n’y a pas de raison de ne pas le faire on obtient 26 h + 1,5 x 26 h soit 65 heures de travail ... Mais peut-on considérer vraiment que pour une heure d’enseignement que ce soit à l’école, au collège ou au lycée, il soit nécessaire de travailler 1 h 30 pour préparer, corriger, évaluer et faire des recherches ?
Le texte de Laurent Tarillon a le mérite de remettre au clair l’annualisation d’un salaire sur 10 mois.

Qu’en pensez-vous ?


lire ce texte et quelques commentaires sur Bellacio.org


Commentaires  forum ferme

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Salaires et Temps de travail des enseignants
dimanche 25 septembre 2011 à 17h56 - par  Kamel

Pourriez-vous nous dire, Monsieur Jean Claude Rolland, combien d’heures de cours d’économie effectuez-vous par semaine et combien de semaines de vacances vous avez dans l’année. Ce serait sympa car sinon, on risque d’intituler votre article : "faites ce que je dis, pas ce que je fais".

> Salaires et Temps de travail des enseignants
lundi 25 août 2008 à 09h36

Cher Monsieur,

Un GRAND BRAVO à vous. Enfin quelqu’un qui affirme les choses tel quels sont. La vérité est un « FAIT » et celle-ci remue toujours les consciences lorsque elle est mise à jour.
BRAVO, encore BRAVO…

Permettez moi d’ajouter ma pierre à l’édifice.

Grande distribution :
-  Pénibilité du travaille
-  Salaire : de SMIG à 1500 €
-  Horaire : 35h/sem, variable, WE et jours férié
-  Heure supplémentaire : rarement (transféré en RTT)
-  Congés : 35 jours / an
Anecdote : Selon les enquêtes sur les conditions de travail (cf. encadré 1), le poids des facteurs de charge mentale dans la population active salariée a augmenté entre 1991 et 1998 (cf. tableau 1). Ainsi, 60 % des salariés disent qu’une erreur de leur part les exposerait à un risque de sanction, sur leur emploi ou leur rémunération, alors qu’ils étaient 46 % en 1991. 30 % des salariés vivent des situations de tension avec le public contre 22 % en 1991. 27 % indiquent qu’ils doivent fréquemment abandonner une tâche pour une autre non prévue, et que ceci perturbe leur travail. (source INSE : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/es339j.pdf)

Restauration, Tourismes, Hôtellerie :
-  Pénibilité du travail
-  Salaire : de SMIG à 2000 € (Ce dernier dans bien des cas pour la direction, rare sont les favorisés qui bénéficie de plus, ou alors uniquement dans les grands groupes)
-  Précarité et saisonnalité
-  Horaire : 39h/sem variable, WE et jours fériés
-  Heure supplémentaire : rarement (transféré en RTT lorsqu’elle le sont)
-  Congés : 35 jours / an

Commerce et Artisanat
-  Risque financier personnel et professionnel encouru (engagement de son capital personnel pour la société)
-  Salaire : 0 € à 2500 € (rare ceux qui sont au dessus de ce plafond)
-  Horaire : 50 à 70h/sem, variable WE et jours fériés
-  Heure supplémentaires : aucune
-  Congés : 0 à 35 jours/an (rare sont ceux qui prennent plus)

Agriculture et assimilé
-  Risque financier personnel et professionnel encouru (engagement de son capital personnel pour la société)
-  Salaire : 0 € à 2500 € (rare ceux qui sont au dessus de ce plafond)
-  Horaire : 50 à 70h/sem, variable WE et jours fériés
-  Heure supplémentaires : aucune
-  Congés : 0 à 35 jours/an

Pompier et Gendarmerie
-  Risque physique professionnel encouru
-  Salaire : SMIG à 2500 € (seul les hauts gradés avec ancienneté dépassent ce plafond)
-  Horaire : 35 à 60h/sem, variable WE et jours fériés

Nous pourrions faire la même analyse sur bien d’autres professions encore, comme les éboueurs, le BTP, les ouvriers, l’industrie, les infirmières et aises soignantes, les pompistes, les ouvriers …

Alors évidemment, vous me direz que pour chacune de ces professions, il s’agit d’un choix et qu’il faut l’assumer. Certes, de la même manière que l’on choisi d’être dans l’enseignement.

Le salaire moyen en France et son niveau de vie médian et de 1 470 € par mois en 2006 (source INSEE : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1203#inter1) A noter qu’une majorité de travailleur sont largement en dessous ou au SMIG.

Comme vous le constater, vous n’êtes pas seul en situation délicate, aujourd’hui la majorité des travailleurs se trouvent dans des situations encore moins confortables que celle des enseignants. Vous comprendrez aisément que votre complainte puisse faire parfois sourire.
Imaginez vous un instant le même type de lettre vous arrivant depuis un ingénieur électronique gagnant 3800 €/mois. Il a certainement lui aussi un grand nombre d’incohérence avec son travail et la réalité, il effectue certainement lui aussi un très grand nombre d’heure. Mais au regard de son salaire vous ne le plaindrez pas, et c’est normal.
Il est donc de même pour votre propre profession, lorsque votre complainte est lu par une(e) caissier(e) ou un vendeur de fast-food, une femme de ménage ou bien même le personnel qui vous reçoit pendant vos vacances, que croyez vous qu’ils pensent ?

Non vous n’êtes pas seul, je vous le répète. Alors il suffit de vos plaintes et de vos jérémiades, c’est tout un système économique qui est en difficulté actuellement, le coût de la vie exorbitant et les faibles salaires. L’écart se creuse, les riches deviennent plus riches et les classes moyennes s’appauvrissent.

Vous voulez agir et faire part de votre mécontentement, La révolution ne c’est pas faite par des petites grèves ni des petits mouvements. Il faut monter directement à la source. Lorsque vous faite grève, vous prenez plus en otage la population que le gouvernement et vous le savez. Alors continuez comme cela, mais croyez vous vraiment avoir le soutien ainsi du peuple que vous emmerdez ? Non seulement vos petites plaintes non que très peu d’effets sur le gouvernement, mais qui plus est, celui-ci se gargarise car vous donnez la bâton pour vous faire battre en vous mettant le peuple à dos. Comme à chaque grève vous êtes toujours très nombreux, profitez en, allez tous directement chez ceux qui nous contrôle, et prenez les d’assaut. Assiégé l’Elisée, le sénat, l’assemblé et empêchez les de rentre chez eux. Non seulement le peuple vous soutiendra mais en plus une telle action aura sans nul doute beaucoup plus de retour. En bref, visez directement les décideurs. A moins que vous n’ayez trop peur de perdre le peu de confort qu’ils vous laissent ? Alors cessez de vous plaindre et de geindre.

Je ne suis pas de ceux qui ce plaigne et pourtant voici ma situation

Entré dans la vie professionnelle à 18 ans, mes parents ne pouvaient pas assumer financièrement d’étude supérieure (et vous savez comme moi qu’une bourse ne suffit plus).
Galère de petit job en petits jobs
A 21 ans, Travaille en village vacances
Poste : bas de l’échelle pour finir adjoint de direction
Vacances : 35 jours / an
Heures : min 50h jusqu’à plus de 70h/sem WE et jours férié, été comme hiver
Salaire : SMIG (malgré les responsabilités et obligations de résultats)
Final : licenciement économique avec le strict minimum légal

A 28 ans, création de ma société
Salaire : 0 € (encore a ce jour et pas un centime de « black »)
Poste ; Gérant, comptable, commercial, webmaster, communication et publicité …
Heure : 50 à 70H/sem
Vacances : 5 jours / an
Et ça continue … je devrait pouvoir me verser un salaire de 400 € d’ici quelques mois.
Nota : aucune aide financière extérieur, plus de 7 000 € pioché sur mes propres fonds et rares économies.
A la question : de quoi je vie ? Ma compagne gagnant un petit salaire de 1300 €, nous vivons à 2 dessus en se serrant la ceinture. Attention, aucun plainte, ni jérémiade, c’est un choix que j’assume totalement, mais permettez moi donc de sourire gentiment lorsque j’entends les vôtres, pauvres petits enseignants.

Ma situation n’est pas un cas isolé, pour le constater de vous même, faite une enquête dans votre région, contacter les chambres de métiers et commerces par exemple et demandez leur un échantillon des sociétés commerçantes et artisanats. Partez ensuite leur demander comment ils s’en sortent.

OUVREZ LES YEUX, vous n’êtes pas seul, regardez autour de vous, et mettez vous un seul instant à la place des autres.

Alors à votre proposition (je cite) : « Qui veux prendre ma place ? »
Je vous répond, c’est quand vous voulez où vous voulez, contactez moi tout de suite, on fait échange à l’instant même. Je prends donc votre salaire, votre super méga grande charge de travail, toutes vos contraintes ainsi que les rares et tout petits avantages que vous avez.
En contrepartie, vous prenez mon salaire, soit 0 €, vous investissez l’équivalent de mon capital, soit 7000 €, vous faite marcher la boite avec toutes les responsabilités qui vont avec (50 à 70h/sem, WE et jours férié, resp juridique…). Et vous ne prenez que 5 jours de vacances cette année.
Au bout d’un an, je vous propose de faire un bilan de tout cela, et une petite idée me viens afin de mesurer le niveau de stress encouru, notons chaque nuits blanches dans l’année et comparons ensuite tout cela.

BRAVO, encore BRAVO, continuez comme cela, envoyé tout plein de mail, parlez en à votre entourage, parlez en autour d’un verre ou d’un bon repas. … pour sur, les choses vont changé grâce à vous … BRAVO

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mercredi 13 mai 2009 à 20h45 - par  marie_ig

Bonsoir,
Tant de colère contre les enseignants...
Echanger ? Je ne crois pas cela possible : vous avez fait des choix (pas tout à fait libres, certes) nous aussi : intérêt pour l’éducation, passion de la pédagogie, pour la psychologie de l’enfant etc.. Acceptation de longues études supérieures (qui ne sont pas faciles comme vous semblez le croire) acceptation des examens, concours difficiles... et des salaires, bref vous savez. Et que dites-vous de faire cours aux élèves : qu’ils aient 2 ans ou 17 ans ! Que savez-vous de la fatigue, du stress, de l’intensité du "faire cours" ? Que savez-vous des soirées, week-ends et autres temps libres passés à préparer, corriger, écrire des compte-rendus (oui, il faut beaucoup écrire !)
Alors, échanger ? Non, je n’y crois pas !! Aucun enseignant ne s’est vu proposer son métier par grâce divine, apporté sur
un plateau d’argent !!

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mardi 7 octobre 2008 à 12h25 - par  anouch93

Bonjour monsieur,
Que d’aigreur et de colères dans votre message, comme si vous nous teniez pour responsable de votre situation que je n’envie pas, c’est sûr !
Vous dites ne pas vous plaindre mais votre message n’est qu’une longue colère plaintive !
Vous nous reprochez quoi au juste ? D’être des privilégiés et d’oser demander mieux ? Et d’utiliser des moyens discutables pour demander mieux ?
La grève est discutable et chaque fois que je m’y colle, je nourris une sorte de culpabilité parce que je sais que je ne fais suer que les parents d’élèves.
Ma hiérarchie s’en tape, "mon" ministère est content, je lui permet de faire des économies.
De plus, à quoi cela sert-il ?
Nos conditions de travail de privilégiés ne changent pas, et surtout les conditions d’accueil des élèves ne changent pas.
Quant à la reconnaissance sociale de ce que je fais, elle est quasi nulle : je suis une profiteuse des deniers de l’état, je glande trois mois par an pour de vrai et je fais semblant de bosser les 9 autres mois (temps de gestation pendant lequel je projette mes longues et nombreuses vacances, bien sûr !), chacun (parents d’élèves, grands parents, grand frères, ministres, supérieurs etc), se croit autorisé à venir juger de la pertinence de mon travail...à me dire ce qui est bien, moins bien, pourri...Bien sûr toutes ces personnes ne sont pas en classe ou plus en classe !... Mais elles savent !

Chaque année ces temps - ci, de nouvelles directives, parce que chaque ministre qui passe veut réformer sans prendre le temps de connaître l’espace scolaire français...
Et cette année, le pompon : des horaires à élastiques, une semaine à taux horaires variables et parfois flasque !!!
Une semaine avec des soirées et le mercredi et le samedi, alternant avec une autre sans soirées avec mercredi, et avec une autre sans soirées avec samedi, ou une autre sans rien...
Je ne sais plus comment organiser ma petite vie de privilégiée et quel temps je pourrais donner à mes proches...

Pourtant je reste parce que je l’aime, ce boulot, je l’ai dans la peau.
Je ne pleurniche pas parce que mes conditions de travail sont plus que moyennes, ni parce que mon salaire me laisse peu de marge (mais plus que le non-vôtre, c’est sûr !!!).
Comme vous j’ai choisi ce métier, cette vie, malgré mes parents enseignants qui avaient vu en 30 ans les conditions de boulot se dégrader et qui me disaient de faire autre chose, absolument...
Je l’ai choisi et j’y reste, pour le moment.
Mais j’aimerai que les conditions d’accueil et de prise en charge des élèves évoluent. J’aimerai que comme dans le poème des Contemplations de Hugo, l’état puisse "sentir dans l’enfant mieux compris se redresser son front"...
Mais le front de l’état en matière d’éducation de ses futurs adultes racle le bitume !
Alors je proteste, à mon niveau, à ma petite hauteur ! Je n’ai pas l’âme d’une guerrière, juste d’une enseignante, d’une "appreneuse", et c’est tout ce qui me passionne, apprendre aux autres et par les autres, découvrir les autres et qu’ils me découvrent.

Et quoi ? Vous voudriez que j’aille faire la lutteuse ??? Vous avez l’air d’en rêver, vous, alors faites le !
Vous avez suffisamment de colère en vous et il en faut beaucoup, je pense, pour aller lutter comme vous l’entendez. Moi je n’ai pas de colère. Je suis désolée de voir à quel point le gouvernement français ne prend pas soin de ses futurs citoyens ni de ceux qui contribuent à les construire partiellement.

Qu’est-ce que vous croyez, monsieur ???
Vous croyez avoir le privilège des nuits blanches ?
Oh, vous êtes un sacré plaisantin, vous alors !!!
Des nuits blanches d’angoisse et de stress, certaines années, c’est à la pelle qu’on les engrange, par peur d’un groupe, par angoisse de ne pas y arriver, par impression de ne rien valoir parce qu’on n’arrive pas à viser notre objectif, encore moins à l’atteindre, parce qu’on s’est fait insulter ou violemment agresser verbalement par un parent d’élève, parce que tous les jours en y allant on se demande pourquoi on y va, parce que la souffrance extrême de certains élèves nous laisse impuissant, parce que la violence extrême de certains parents nous laisse désarmés...parce que face à l’extrême détresse d’un élève ultra violent prêt à tout vis à vis des autres c’est la peur au ventre qu’on fait classe...
Toutes les années ne sont pas ainsi, mais celles - ci sont dévastatrices et font partie d’une certaine norme, la nôtre, à nous, les privilégiés de l’enseignement.
Et je ne parle que de l’élémentaire dans une école "normale" ; Je ne parle pas des autres, au collège, ni des écoles beaucoup plus en difficulté que celle où je travaille.

Et pourtant nous continuons, nous nous requinquons aux beaux jours (cette année, 15 jours pour seulement décompresser et atterrir et me dire que c’était enfin fini, mais pour d’autres, les congés d’été ne suffisent pas !)...
Nous nous requinquons pour être parés, quelques jours avant la rentrée, à prendre en charge un nouveau groupe d’enfants, avec lesquels on a de nouveau envie de découvrir, d’apprendre et d’avancer.Et on garde la foi, parce les mômes nous la donnent.

Mais voyez - vous monsieur, tout privilégiés que nous sommes, lorsque nous constatons que notre ministère nous moleste et maltraite ses futurs concitoyen, nous protestons...
Et alors, cela vous dérange ?
Nous faisons grève en faisant petitement chier en vérité !
Pas de blocage de transport, ni de péages, ni d’aéroports.. nous n’assurons pas la classe...et nous ne touchons pas une partie de notre salaire, ce qui permet à l’état d’économiser.
Et cela vous dérange ?

Nous faisons un vrai boulot, monsieur, le savez - vous ?
Et nous faisons vraiment des heures (sauf quelques glandeurs que l’on rencontre partout !!!)

J’estime bosser et trimer pas mal pour assurer ma classe...
En moyenne huit à dix heures de préparation par semaine maintenant (mais plus au début de ma carrière !), et même certaines semaines non travaillées, au moins 4 heures de corrections en moyenne, et des heures de recherche qu’on ne peut estimer parce que ça turbine presque tout le temps pour trouver ce qu’on va pouvoir mettre en place en classe, ou pour lire ce qu’on va pouvoir proposer aux enfants, ou comment on pouvoir le proposer...

Je ne me suis jamais amusée à compter dans le détail les heures que j’effectue chaque semaine de ma vie de privilégiée, et durant mes vacances de glandeuses...
D’ailleurs beaucoup d’enseignants sont célibataires, sans doute parce qu’il sont trop le temps et l’espace vital pour vivre en couple et famille !

Pour ma part je n’échangerai pas mon boulot contre le vôtre, mais je vous invite à passer le concours, puisque ça à l’air de vous tenter...
Venez nous rejoindre et vous reposer !

Avant cela il faudra juste vous départir de cette colère qui est en vous, et la mettre de côté pour les moments où il nous fondra gronder comme l’orage menaçant.

En attendant l’école se délite au gré des humeurs des gouvernants.
On cherche à la gérer comme une entreprises... et nous devrions taire que nos politiques veulent gérer les enfants comme des produits que l’on fabrique ???

Votre colère est mal orientée monsieur.
Nous ne saurions en rien en être la cause.
Chaque métier que vous citez et d’autres sont des zones de souffrance à taux variables, pour des rémunérations bien trop souvent minables.
Et bien des enseignants maintenant n’ont pas été qu’ enseignants dans leur vie professionnelle !
Mais par votre colère c’est comme si vous disiez que seul le bas de l’échelle sociale peut se plaindre...et je ne peux en être d’accord.

Nous luttons pour un mieux, et tout le monde devrait nous accompagner.
Nous luttons pour les enfants de ce pays, et ils en valent la peine, et tout le monde devrait être à nos côtés, au lieu de nous chier dans les bottes et de nous montrer du doigt avec aigreur et colère.

Au revoir monsieur.

Anouch, enseignante parfois heureuse du 93

> Salaires et Temps de travail des enseignants
samedi 28 juin 2008 à 10h44

Dans la même lignée :
Combien d’heures de préparation, réunion, etc. le législateur a-t-il prévu pour les enseignants du primaire ?
Dans l’article, ce n’est pas mentionné.
Y a-t-il eu un décret ? Quand ? Où peut-on le trouver ?

Merci de le communiquer si vous le pouvez.

Pour en revenir à la guerre privé/public, ce n’est parce que des salariés du secteur public se battent pour leurs droits que ceux du secteur privé diovent leur jetter la pierre.
Ce n’est pas en hurlant avec les loups que l’on fait avancer les choses.
De plus, si la condition des employés du public est si enviable, pourquoi ne pas passer les concours ? Ils sont ouverts à tous.

Logo de france jacob
> Salaires et Temps de travail des enseignants
samedi 14 juin 2008 à 11h06 - par  france jacob

Merci tout d’abord pour votre aticle
et j’aurai une question à vous poser . J’etais en CDI en tant qu’enseignante à L’EN second degre , j’ai demissionné en cours d’année scolaire compte tenu des conditions de travail imposées (poste à 200 kms de chez moi sans aucune indemnité de deplacement ni logement)N’ai je pas droit au prorata des salaires non payés pendant les vacances , j’ai demissionné le 21 janvier
Je vous remercie de votre réponse ( je ne trouve aucune information ailleurs)
mon email france.jacob@neuf.fr

Logo de marigab78
> Salaires et Temps de travail des enseignants
mardi 29 avril 2008 à 10h00 - par  marigab78

Et voilà, tout est dit.... Sauf qu’à l’Education nationale, il n’y a pas que des enseignants, et que la même règle concernant les 10 mois de salaires étalés sur 12 s’est appliquée également aux personnels administratif (entre autre).... mais bon, il y avait les vacances... alors... Mais ce que l’on dit moins, c’est que l’application des 1600 heures annuelles à ces personnels a porté le nombre d’heures par semaine à 41-42 heures...beau tour de passe-passe...avant 2002, je m’estimais "privilégiée" non pas au niveau salaire mais au moins en temps de travail... ce n’est vraiment plus le cas... les "vacances" me coûtent chères en temps de travail...
pascale Nioré - secrétaire d’administration scolaire et universitaire

> Salaires et Temps de travail des enseignants
dimanche 2 mars 2008 à 12h45

Je n’ai , pour ma part, jamais considéré que ceux qui gagnent plus que moi sont des nantis.
J’essaie de faire avec ce que j’ai.
Avec deux salaires ... le mien, seul ,me permet de payer ... et de manger, avoir une voiture(truc qui roule),avec les 250 euros qui restent.
Voyez-vous, le plus beau jour de ma vie, c’est le jour où mes enfants ont réussi leurs études et ont intégré le milieu du travail(dur pour tout le monde !!! c’est vrai)mais avec un premier salaire supérieur au mien.
PS j’ai une ancienneté de 30années, salaire 2200 euros

> Salaires et Temps de travail des enseignants
lundi 19 mars 2007 à 22h36

C’est ceux qui en font le moins qui ce plaignent le plus

dimanche 26 août 2007 à 12h32 - par  guillemot

vous me semblez manquer de reconnaissance à l’égard de ceux qui vous ont amenés, guidés vers l’émancipation intellectuelle (lire, écrire, compter, analyser....).Par ailleurs , pour être pris au sérieux il serait bon d’éviter les erreurs d’orthographe ...comme quoi ceux qui en font le moins à l’école ce ne sont pas forcément les enseignants.....

> Salaires et Temps de travail des enseignants
vendredi 16 mars 2007 à 11h19

Postulez-donc dans le privé ! En particulier dans une petite entreprise, et vous pourrez apprécier la différence au niveau :

du salaire (BAC+ 3 est le minimum pour une secrétaire, par ex)
du temps de travail
des vacances
et de la sécurité de l’emploi) !!!
sans parler de la retraite

Slts

Logo de seb
mercredi 16 novembre 2011 à 21h47 - par  seb

Concernant le niveau d’étude, je voudrais juste rappeler que ce n’est pas le niveau d’étude qui fait le salaire mais l’emploi effectué. Certains catégorie C de la fonction publique sont bac+5 et ne sont pas plus payés que les autres personnes au même poste. Le fait de faire une année de formation à son emploi n’augmente pas non plus le diplôme. Nous sommes donc sur du niveau BAC+3 quoi qu’on en dise. Un prof de math n’est pas meilleur en math après son année d’IUFM et une personne ayant une licence de Droit et une de psycho n’est pas BAC+6 mais BAC+3.

Autre point, pour apprécier à sa juste valeur un emploi il convient de tout prendre en compte et je vois pas mal de points non cités :
- Coût des repas dans les établissements pour les enseignants ?
- Combien de semaines par an et de jour par semaine de garde d’enfant pour les enfants de profs (ca représente une économie colossale) ?
- Prix des sorties culturelles (musées entre autres) ?
- Couverture sociale de manière générale,
- Possibilité d’assurance sur les prêts bancaires

Pour les parties non financières :
- Aller à la poste ou dans une administration, je sais pas pour vous mais moi ca se solde souvent par des heures de queue ou une 1/2 journée de congès,
- Faire les courses (toujours aux heures pleines)

Pour rappel également la loi pour les congès payés dans le privé c’est 2.5 jours par mois travaillés soit un total de 30 jours annuels soit 5 semaines (et oui la loi dit que les semaines font 6 jours...)

Pour rester à la mode, nous pouvons également parler des jours de carence sur les arrêts maladie etc etc

Concernant le temps de travail, je serai pour une présence dans l’établissement des enseignants afin que la durée réelle de travail puisse être estimée et se limiter à un nombre de jours de congés conformes à la loi. Une fois ceci fait, il serait alors normal de se reposer la question (une fois l’impact sur la vie quotidienne estimé par les profs) pour voir si on doit rester sur ce mode en revalorisant les salaires ou rester dans le système actuel.

Que les profs se plaignent des conditions de travail, ca je trouve cela normal, de leur statut/salaire je pense qu’ils ne seront jamais crédibles tant que le temps de travail ne pourra pas être mieux évalué et qu’il tiendront un discours omettant une partie des avantages.

Concernant les 2 mois de vacances, s’ils ne sont pas considérés comme travaillés, cela veut donc surement dire que pratiquer une autre activité professionnelle est envisageable a temps plein sur cette période, un peu comme quelqu’un a mi-temps qui chercherait un autre mi-temps...

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mercredi 7 avril 2010 à 09h10 - par  Walter

Bonjour,

Les banques ne sont plus des eldorados. Certes, les salariés en fin de carrières bénéficiants des anciennes grilles de salaires tirent toujours leur épingle du jeu mais pour les nouveaux entrants, c’est une autre histoire.
Diplomé Bac+2 en comptabilité et informatique, je me suis vu offrir par une banque, pour mon expérience (10 ans)et ma compétence, 16000 € brut par an pour un poste qualifié de controle en monétique le tout avec close de mobilité...etc.. avec quelques primes variables j’arrivais tout juste à 18000 euros brut soit 1200 euros nets par mois...
Je n’ai pas signé.
Autre offre dans la grande distribution d’articles de sport haut de gamme comme comptable à tout faire : 1220 euros brut par mois (en 2005)... pour des horaires élastiques... 3 euros au dessus du SMIC de l’époque.

J’ai trouvé mieux en PME industrielle mais rien à voir avec ce qui est décrit plus haut dans l’enseignement.

Dans le pré d’à côté l’herbe est toujours plus verte.

Quand allons nous comprendre que les trentes glorieuses c’est fini ?

Que dire de ces diplômés qui ont du mal à écrire et à compter correctement ?
Tous les jours en entreprise, nous sommes confrontés à des jeunes qui ont de grosses lacunes sur les bases quelle que soit leur formation.
A quand le rétablissement du redoublement ? Je n’ai que 35 ans mais je reste persuadé qu’un grand nombre d’élèves de sixième ne pourraient pas obtenir le certificat d’études de 1970.
C’est lamentable.

Avant de revendiquer des hausses de salaires, montrez-nous des résultats !

Cordialement

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lundi 3 septembre 2007 à 20h58 - par  achème

Tous à vos mouchoirs !
Ayant dans le courant de l’année 2006-2007 effectué des remplacements dans des lycées de l’enseignement privé, j’ai été royalement paye, pour un temps de face à face de 19heures (auxquelles il convient de rajouter les heures de préparation, correction, réunions, conseils, examens, surveillances d’examens blans, d’oraux blancs, d’oraux du bac...). Je viens de ressortir mon bulletin de salaire du mois de février : brut mensuel : 1358,46 + 132,16 de compléments divers, soit un net de 1145,85€.
Bien qu’ayant travaillé sous forme de CDD, pas de majoration de précarité (10% dans le secteur de l’entreprise privée) ni pour congée payés (10% pour tous les salariés du privé).
Soit virtuellement un salaire précaire de 1490 sur 10 mois.
Quand je suis passé dans l’académie de Paris, mon salaire brut est tombé à 1164,40 de base !! Moins que le SMIC !!
Même la secrétaire de PMe est mieux lotie que moi.
Ah ! j’oubliais ! : j’ai 56 ans, et suis diplômé d’une grande école de commerce et ma vocation pour l’enseignement n’est apparue qu’il y a un an devant l’inanité de mes efforts pour sortir d’un chômage prolongé. Encore heureux d’avoir trouvé ça !

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dimanche 26 août 2007 à 12h44 - par  guillemot

vous parlez d’une secrétaire dans une petite pme .Et si l’on parlait de certains salaires dans les grandes entreprises avec bien souvent des avantages colossaux ( cf certains comité d’entreprise, primes, parts sociales,13 eme mois voire plus indemnités de départ à la retraite ( 1 an de salaire brut à la BNP par exemple), et pour un temps de travail qui demeure très raisonnable.
Pour votre information ces avantages n’existent pas dans l’éducation nationale ; il n’a pas de comité d’entreprise ou son équivalent.
Alors cessez ce discours misérabiliste dans le privé...
et de toute manière cela n’amène rien à cette réalité que la condition enseignante est loin d’être enviable . certes les salaires ne sont pas à la hauteur du mérite des enseignants mais il faudrait prendre en compte également les conditions d’exercice de plus en plus difficiles : violences en tout genre et de plus en plus nombreuses. La secrétaire bac +3 de pme n’y est pas confrontée.

mardi 1er mai 2007 à 07h19

La solution serait de privatiser l’enseignement et dans ce cas nous pourrons alors mesurer la justesse des arguments de ceux qui s’érigent en donneurs de leçon .
Nous pourrons donc mesurer la qualité de l’enseignement puisqu’il excluera tous ceux qui semblent aujourd’hui le rejeter.
Bref il serait souhaitable qu’enfin nos réflexions pointent le doigt sur les vraies causes du mal être de la société et les responsables .
Une des pistes parmi tant d’autres :
Sans mot dire ,nous avons acepté de payer
pendant plusieurs années un trou de 100 milliards du Crédit Lyonnais.
Est-ce vraiment la responsabilité du prof ,de l’artisan,de l’ouvrier, du petit patron ,de lingénieur,de l’infirmier, du médecin ,....?

vendredi 23 mars 2007 à 13h02

Eh oui, on a bien les plombiers Polonais,...
la différence c’est qu’ils n’ont pas la sécurité de l’emploi, ni les mêmes horaires, ni les vacances, (qui laissent du temps pour donner des cours particuliers)

Croyez-vous qu’un salarié qui perd son emploi après 20 ans d’ancienneté et qui a la chance d’en retrouver un, va garder le même niveau de salaire ?

Savez-vous que le chomage c’est 56 % du salaire brut ?

Et que l’on peut se retrouver au RMI en moins de 2 ans ?

Un peu de décence (sans parler de solidarité)

jeudi 22 mars 2007 à 12h14

Juste quelques indications pour mettre les choses au point :
En 1985 un certifié au 1° échelon gagnait 6659,13F (soit 979,93€) brut, le SMIC était de 3949,23F (soit 602,74€) brut soit un rapport SBM/SMIC égal à 1,63.
Aujourd’hui un certifié 1° échelon gagne 1559,90€ brut, le SMIC est de 1254,23€ brut soit un rapport SBM/SMIC égal à 1,25.
Perte sèche pour le prof (différence entre le salaire actuel et celui qu’il toucherait si sa progression avait suivi le SMIC) : 447,47€ soit 30% du salaire actuel.
Question : A quand le professeur de Français polonais ?

mardi 20 mars 2007 à 08h53

Reprenons :

. la sécurité de l’emploi (excusez du peu !)
. des salaires en moyenne plus élevés que dans le Privé
. des retraites en moyenne plus élevées que dans le Privé

D’ailleurs les jeunes ne s’y trompent pas, et se présentent en masse aux concours du secteur Public, y compris des BAC+5, comme vous le soulignez.

Slts
SL

dimanche 18 mars 2007 à 09h32 - par  Jean-Claude ROLLAND

Reprenons :
- retraites : âge de départ à la retraite : 60 ans ; durée minimale de cotisations : 40 ans en 2008. Donc pour un professeur d’école titularisé à 25 ans : départ à 65 ans.
- niveau d’études : recrutés niveau Licence, nombreux sont ceux qui ont, au moment du concours, un Bac + 5. S’ajoutent une ou deux années d’IUFM. 
- temps de travail : l’article me semble clair
- sécurité de l’emploi : en effet, fonctionnaire d’Etat
- responsabilités : au cours de sa carrière, un maître d’école aura enseigné à environ 1 200 élèves ... pas mal comme responsabilités, non ? Il aura enseigné et surveillé une classe de 25 à 30 élèves de 3 à 11 ans plus de 7 200 jours pleins avec le souci quotidien de l’efficacité de son enseignement, sans parler de l’angoisse continue de l’accident qui pourrait survenir et ce sans aucun droit à l’erreur.
Pas mal pour un salaire équivalent (voire moindre) à celui d’une secrétaire pour reprendre votre exemple.
Pour finir, je crois qu’il serait temps de cesser d’opposer public et privé en ce qui concerne avantages, conditions de travail, ... et d’agir pour une équité véritable mais surtout pas en réclamant une fin des "privilèges" des fonctionnaires et de leurs droits mais plutôt en luttant pour que salaires, droits, et conditions de tous s’améliorent.

Salutations (moi aussi).

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> Salaires et Temps de travail des enseignants
lundi 5 mars 2007 à 16h00 - par  gam

J’ai déjà entendu parler de ce temps de travail annualisé... Mais quelles sont vos sources ? Quels sont les textes (loi ou arrêtés)sur lesquels on peut s’appuyer pour prouver ces dires ?

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vendredi 8 juin 2012 à 10h17 - par  Michel

Très intéressant ce sujet ! Payés pour 10 mois sur 12 seulement !
Ca faisait un bon moment que j’avais entendu parler de ça, mais sans vraiment m’attarder sur le sujet. Mais d’année en année, on grignote sur le mois de juillet et je commence à me demander si c’est vraiment légal...
Je suis prof en Lycée Professionnel Privé (sous tutelle de l’Education Nationale et donc payé par l’Educ. Nat.).

Hier, lors du Conseil d’Etablissement dont je fais partie, j’ai évoqué ce sujet, les réactions ont été assez surprenantes ! Mais mon chef d’établissement, ex-prof lui aussi est celui qui est resté le plus serein et le plus ouvert à la discussion.
Car en fait ma question était : "sommes-nous tenus d’être présents en juillet (on nous demande d’être dispos jusqu’au 13, et donc de ne pas partir en vacances avant cette date) et de revenir au 31 août ?"

Car en fait l’Administration nous IMPOSE de venir TRAVAILLER GRATUITEMENT pendant nos CONGES NON PAYES !!! De quel droit ? Non, mais !!!
Bennnn.... moi qui croyais que le fouet et les pyramides c’était fini depuis 3000 ans et des brouettes !!!???
Et mes camarades qui trouvent ça normal.... "Oui... mais tu comprends... tu vas pas te battre contre ça.... on peut rien y faire... (ah, bon ?).... etc, etc..."

Impossible de trouver un texte de loi mentionnant quoi que ce soit à ce sujet, ni même sur les fameux 10 mois de salaires étalés sur 12 mois de paiement. Le décret du 25 mai 1950 n’est relatif qu’au travail hebdomadaire, 18 h/semaine de face-à-face élèves (15 pour les agrégés). Il paraît d’ailleurs que c’était 24 heures au lieu de 18. Que nous cache-t-on ......?

Alors si Monsieur Laurent TARILLON, qui semble très au courant du problème, lit ce commentaire, ou quelqu’un d’autre qui pourrait me répondre (mitch1396@orange.fr), j’aimerais bien qu’on me dise où est la virgule que j’ai raté, où est l’entreligne qu’il faut savoir deviner, car bosser pour rien pendant mes congés, non merci, surtout si je ne suis pas tenu.... heu... pardon... si ne nous sommes pas tenus de le faire.

Et je réponds d’avance aux détracteurs qui trouvent qu’on bosse pas tant que ça avec "tous" les avantages qu’on a, que lorsque, avant d’être prof, je commençais ma semaine de travail le dimanche soir à 22h00 pour la terminer le vendredi soir (quand je n’étais pas bloqué le week-end) avec des amplitudes d’au moins 12 heures par jour (ça c’est la réglementation des transports, quand un travailleur lambda n’en fait que 7,40), largement dépassées en réalité et pour un salaire de misère (surtout si on rabat le salaire mensuel par rapport au nombre d’heures, ça faisait très, mais vraiment très largement en dessous du SMIC), là, personne ne venait me plaindre, encore moins me jalouser. Alors maintenant que j’arrive à la cinquantaine... "Travailler moins pour me reposer plus".... J’achète !

Ca fait un moment que j’ai remisé mon armure, mis mon cheval au pré et Sancho Panza en chômage technique, et donc ne compte pas reprendre ma bataille contre des moulins à vent. Je voudrais juste savoir ce qu’il en est OFFICIELLEMENT !

Merci à toutes et à tous, et.... bonnes vacances !!
Michel

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lundi 21 novembre 2011 à 22h08 - par  PERON-HUARD Sandrine

Pourriez vous répondre précisément à cette question :

Le temps de travail d’un enseignant annualisé... depuis 1950 ? Quels sont les textes officiels (loi ou arrêtés)sur lesquels on peut s’appuyer pour prouver ces dires ?
Cordialement
Mme PERON-HUARD Sandrine( enseignante)

Logo de PERON-HUARD Sandrine
mercredi 5 janvier 2011 à 17h28 - par  Jean-Claude ROLLAND

Nous sommes preneurs évidemment ... Il est possible de les adresser au site par mon intermédiaire.
En vous remerciant ...
JC Rolland
Administrateur d’eppee.

Logo de TARILLON laurent
mercredi 5 janvier 2011 à 16h38 - par  TARILLON laurent

Je suis l’auteur de l’article de départ. je peux envoyer les documents qui font référence. Mais il n’y a pas la possibilité de la faire là.

Logo de Jean-Marc
mardi 20 novembre 2007 à 09h11 - par  Jean-Marc

Il semble que le lien "ici" (http://www.education.gouv.fr/cid4149/projet-decret-service-des-enseignants.html)
ne soit pas(plus ?) valide.
Message : "erreur 404, La page que vous avez demandée n’existe pas"
Je suis également à la recherche des textes officiels à la base des faits évoqués par M Laurent Tarillon. Je dois reconnaître que cela fait plusieurs fois que je suis confronté à cette question sans pouvoir l’authentifier réellement.
Je vous remercie.

Logo de Jean-Marc
lundi 5 mars 2007 à 19h06 - par  Jean-Claude ROLLAND

Lire ici Publication des textes sur les obligations de service des enseignants du second degré.